Pourquoi reparle-t-on du traité de Sèvres d’août 1920 ?

À la fin de la première guerre mondiale tout le monde s’accordait pour dire : « Plus jamais ça ». Les nations européennes, plus les USA, ont eu la volonté de prendre des mesures pour que cessent ces conflits récurrents entre la France et l’Allemagne, ainsi que toute guerre en Europe. Ce fut la signature du Traité de Versailles et la création de la Société des Nations (SDN). Mais, en affaiblissant l’Allemagne, on a favorisé la montée du nazisme qui avait pour objectif de recréer son empire, le 3ème Reich.

Plus connue sous le nom de « 1ère guerre mondiale », la guerre de 14/18 a duré 4 ans et fait un million et demi de morts. L’Allemagne vaincue, grâce à l’aide militaire des anglo-saxons, se voit punie par les démocraties alliées. On cherche à prendre des mesures pour qu’une telle guerre ne se reproduise plus en Europe. Ainsi fut signé le Traité de Versailles, le 28 juin 1919, entre l’Allemagne et les Alliés. Des mesures contraignantes obligent l’Allemagne, d’une part, à payer des réparations à la France qui lui coûtent chères, et, d’autre part, la prive de sa puissance militaire qui a toujours été la fierté de son peuple.

Élaboré au cours de la conférence de Paris, le traité de Versailles fut signé le 28 juin 1919, dans la galerie des Glaces du château de Versailles et promulgué le 10 janvier 1920. Et le 10 août 1920, le traité de Sèvres est signé entre l’Empire ottoman et ses ennemis de la Première Guerre mondiale, ce qui achève le démembrement de l’Empire Ottoman, qui perd les quatre cinquièmes de son territoire.

Fin 1918, les troupes alliées occupent Constantinople, la capitale de l’Empire, ainsi que de nombreux territoires ottomans. Les conditions du traité sont pourtant humiliantes pour un des plus grands empires de l’histoire moderne. Si les Ottomans conservent Constantinople et le nord de l’Anatolie, leur souveraineté est dorénavant fortement limitée.

Le sultan, Mehmed VI, se résigne, après deux mois de discussion, à signer le Traité de Sèvres, qui est considéré comme inacceptable par les nationalistes, dirigés par Mustafa Kemal. Ce héros de la guerre mène, à partir de l’Anatolie, une lutte acharnée contre le gouvernement de Constantinople et contre les puissances occupantes depuis juin 1919. Il récuse ce traité et cette posture l’aide à rallier une bonne partie de la population à son combat. La Turquie est alors en pleine guerre civile et en guerre contre la Grèce.

Le Traité de Sèvres ne sera jamais mis en œuvre, compte tenu de l’avancée de la conquête du pouvoir par Mustafa Kemal. Il est remplacé, le 24 juillet 1923, par le Traité de paix de Lausanne qui marque définitivement la naissance de la République de Turquie indépendante s’étendant de la Thrace orientale à l’Asie mineure.

Le 15 août 2020, le président turque, Recep Tayyip Erdogan, évoque la révision du Traité de Lausanne pour justifier une redistribution des cartes en s’appuyant, notamment en Thrace, sur les droits des minorités. Et, avec le Premier ministre libyen Faïez al-Sarraj, il signe un accord de coopération militaire et énergétique, qui lui permet de déclarer : « Grâce à cette coopération, on a renversé le traité de Sèvres ».

Pour le philosophe Mezri Haddad, «Erdogan mène un projet panislamiste et néo-ottoman qu’il faut combattre de toute urgence» (Figaro Vox, 3 mars 2020)

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