Les motos des années 20

Depuis son invention en 1868, la moto n’a cessé d’évoluer et de se transformer, adoptant les formes et les usages les plus divers. La Première Guerre mondiale a favorisé son utilisation à des fins militaires et les compétitions ont stimulé les avancées technologiques. Quant aux industriels de l’aéronautique, après la guerre de 14/18, ils n’ont plus de marché militaire et pas encore le marché de l’aviation commerciale. Ils doivent se reconvertir ou trouver des opportunité dans d’autres domaines. La moto en fut un.

La firme allemande BMW (Bayerische Motoren Werke, soit en français : usine de moteurs en Bavière) ne peut plus fabriquer de moteurs d’avion, ainsi que le Traité de Versailles de 1919 lui oblige. Elle se diversifia et produisit des moteurs pour motocyclettes dotés d’un bicylindre à plat dessiné par Max Friz. La production de motos prit de l’importance, avec un investissement important dans la compétition. En 1929, une BMW atteindra 216,75 km/h, pilotée par l’Allemand Ernst Jakob Henne.

En dehors d’un record d’altitude clandestin en 1920 (9 760 mètres), la production de moteurs d’avions reprit dans les années trente, d’abord avec la fabrication sous licence de moteurs Pratt & Whitney, puis avec le moteur en étoile BMW 801 qui équipa le Focke-Wulf Fw 190.

Les Indian Chief et Big Chief sont des motos construites par la Hendee Manufacturing Company, devenue Indian Motocycle Company, à partir de 1922 jusqu’à l’arrêt historique de l’entreprise en 1953. La Chief était une Indian « big twin », plus grosse et plus puissante que les Scout plus agiles utilisées en compétition et en sport. Le nom Chief fut repris pour produire des motos utilisant des moteurs Harley-Davidson jusqu’au rachat de la marque par Polaris. La Production historique d’Indian se termina avec la dernière Big Chief en 1953.

La Harley-Davidson Modèle W, aussi connu comme la Sport Twin, est une moto fabriquée par Harley-Davidson, de 1919 à 1923. Exceptionnellement pour une Harley-Davidson, le Modèle W était équipée d’un moteur flat-twin et d’une fourche à lames. Le Modèle W battit des records de vitesse sur les pistes de New York à Chicago et de la frontière entre le Canada et les États–unis jusqu’à celle du Mexique. Le ralentissement des ventes sur le marché intérieur entraîna la fin de sa production au bout de quatre ans.

1921, la première moto Gnome et Rhône. Ce fabricant de moteurs d’avions réputé pendant la guerre de 14/18 doit se diversifier dès 1919. La première moto à voir le jour sous la marque Gnome et Rhône est le modèle B en 1921. Économique et fiable, elle aura une riche descendance durant toutes les années 1920 avec les modèles C, D, D3 à soupapes latérales, D2 et D4 à soupapes culbutées. La 500 B de 1921 est animée par un monocylindre 4 temps de 500 cm3 à soupapes latérales, alimenté par un carburateur Gnome et Rhône, avec une transmission primaire par chaine et secondaire par courroie. La boite compte 3 vitesses. C’est un cadre simple berceau, comme un vélo, le réservoir à deux compartiments est entre les tubes et non pas au-dessus. Il y a 2 freins, un sur le volant moteur et un second sur la grande poulie sur la jante arrière. Pesant 95 kg, elle atteint 80 km/h.

Les motos Blériot. Le célèbre avionneur, entrepreneur de génie, ne baisse pas les bras lorsque son activité aéronautique ralentit. Une de ses reconversions, afin de donner du travail à son personnel, fut la création et la production de motos.  Dès 1919 il met sur pied aux usines de Suresnes un département moto, avec à sa tête l’ingénieur Brun, assisté d’anciens pilotes de compétition d’avant 1914, Grapperon et Pernette. Équipés d’un moteur bicylindre vertical à quatre temps et de roues flasquées, les motos Blériot se déclinent en versions touriste, sport et side-car. Au salon de 1921, une 750cm3 deux temps apparaît aux côtés de la 500 cm3 quatre temps.

1921, création de Moto Guzzi. L’histoire de la marque italienne Moto Guzzi commence lorsque trois jeunes gens d’origines fort diverses, Giorgio Parodi, Giovanni Ravelli  et Carlo Guzzi se retrouvèrent enrôlés, au cours de la Première guerre mondiale, dans la même escadrille. C’est là qu’ils projetèrent en commun de se lancer dans la fabrication de motos une fois les hostilités terminées. Mais le destin ne voulut pas qu’il en soit ainsi : quelques jours avant la fin de la guerre, l’avion de Ravelli fut abattu. En souvenir, Guzzi et Parodi adoptèrent l’aigle, symbole de leur escadrille, en guise d’emblème de la marque qui porta le nom de Guzzi. Parodi apporta essentiellement le financement nécessaire au démarrage de l’affaire. Ces débuts sous les auspices de l’aviation expliquent pourquoi nombre de modèles de Moto Guzzi reçurent des noms d’oiseaux, un peu comme chez les avionneurs de l’entre-deux-guerres

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