La grippe espagnole, 100 ans avant le Coronavirus

D’où vient-elle ?

Les Doug boys, soldats américains venus en Europe, au printemps 1918, sauver les Alliés embourbés dans les tranchées face aux Allemands, sont porteurs de la grippe. Elle est alors bégnine, les soldats français parlent de « la grippe de trois jours ». Mais au mois de septembre elle devient plus maligne avec des complications pulmonaires graves.

Comment se répand-elle ?

Tant aux USA qu’en Europe la contagion est rapide. Tout le pays américain est frappé en quinze jours. Le taux de mortalité est multiplié par dix. « Des malades vigoureux et sains, sans antécédents pathologiques, succombaient en quelques jours », note un interne des hôpitaux parisiens. La guerre occupe les esprits, le phénomène grippal est négligé.

Par les voies maritimes, la grippe espagnole débarque en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie. Fin janvier 1919 on dénombre de 4 à 9,5 millions de morts en Chine, en Inde 12,5 à 20 millions de victimes. En Alaska le taux de mortalité est de 85%. Le total des victimes pour le monde oscille entre 25 et 40 millions, voire 50 millions.

Comment évolue-t-elle ?

En trois vagues, évolution en W touchant aux extrémités les bébés et les personnes âgées et à des époques différentes selon les pays et les latitudes. Les jeunes adultes regroupés dans les différentes armées et affaiblies par les conditions de la guerre ont été très contaminés.

Comment s’est-elle éteinte ?

D’une façon naturelle grâce à l’immunité collective. Pas de vaccin à l’époque, donc au prix de millions de morts et d’un traumatisme général venant s’ajouter à celui de la guerre : enfants orphelins abandonnés, femmes seules ou affaiblies, bébés malformés. Le baby-boom des années 20 a recréé une vitalité qui a redynamisé l’activité économique. La recherche médicale en virologie et en épidémiologie s’est emparée du sujet des pandémies. Le virus ne sera trouvé qu’en 1933.

Pour mémoire la grippe de Hong-Kong en 1969 a fait plus de 30 000 morts en France à la fin de l’année 1969. Les politiques et les médias ont sous-estimé l’épidémie. Et l’opinion publique l’a occultée de sa mémoire collective.

France Culture : L’épidémie en littérature, à travers 6 grands romans

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