Petite histoire du Cap Ferrat

Le Cap Ferrat est une presqu’île située entre Nice et Monaco. En 1860, le Comté de Nice, propriété de la Maison de Savoie depuis 1388, est rattaché à la France. Le hameau de Saint Jean, constitué alors de petites maisons groupées autour de l’église et du port, n’abrite qu’une population de pêcheurs et d’agriculteurs et fait partie de la commune de Villefranche située au fond de la rade du même nom. Ce qui changea tout, fut l’initiative de la Compagnie Générale des Eaux qui créée, en 1876, au milieu d’un parc arboré, un grand lac artificiel qu’alimente la Vésubie.

Le Cap Ferrat m’est familier et m’a inspiré des scènes de mon livre « Les vautours de la mine ». Mes parents s’y sont rencontrés en 1942 et j’y ai passé les vacances d’été, et parfois de Noël ou Pâques, chaque année.

Quelques demeures exceptionnels ou illustres :

La Villa Éphrussi de Rothschild édifié par la baronne Béatrice de Rothschild, épouse du milliardaire Maurice Éphrussi avait acquis en 1905 sept hectares de terrain dans le but d’y construire un somptueux et luxueux palais. Elle y rassembla tous les éléments décoratifs, du XVe siècle au XIXe siècle, qu’elle a réunis au cours de ses voyages. La Villa, ses jardins et ses collections d’art ont été léguées à l’Académie des Beaux-arts de l’Institut de France, en 1934. La villa surplombe la Méditerranée comme un navire entouré de neuf jardins à thèmes. Bassins, pelouses, portiques romains et massifs de fleurs luxuriants et colorés en font un lieu exceptionnel, un ravissement pour les yeux et un havre de calme et de beauté sous ce ciel d’azur.

La Vigie, villa construite en 1898 par Émile Crozet-Fourneyron, industriel dans les aciéries lyonnaises, ancien député, ami de Léon Gambetta et de Waldeck-Rousseau. Elle a été conçue selon ses propres plans en collaboration avec l’architecte Charles Bermond, car il voulait une maison ronde qui lui permette de profiter du paysage à 360 degrés – de la baie de Nice et du Massif de l’Estérel à l’ouest, de l’arrière-pays montagneux au nord, de Beaulieu et sa baie jusqu’à la côte italienne vers l’est et, plein sud, de la méditerranée à l’horizon infini. C’est du second étage qui comprend une salle à manger et un salon, éclairés par des bow-windows couverts en terrasses, que l’on peut admirer ce panorama circulaire, des montagnes à la mer.

Le Grand Hôtel du Cap Ferrat est une immense bâtisse majestueuse et impériale. Sa gigantesque façade blanche éclate au soleil. Devant l’entrée du parc, l’architecture confirme la noblesse voulue dans les formes. Ce sont trois pants de façade qui semblent accueillir dans leurs bras l’infini méditerranéen pour la restituer à la végétation des jardins. En contre bas, dans les rochers qui cisaillent la mer jusqu’à l’ultime pointe du cap, une piscine a été construite et forme un rectangle bleu turquoise sur fond de roches blanches. Elle est alimentée par l’eau de mer qui coule en permanence d’une fontaine en son extrémité.

En mai 1935, Pierre-Étienne Flandin termine son mandat de Président du Conseil. Il a un accident de voiture, blessé au bras, son opération lui laissera un handicap douloureux. Il part se reposer quelques semaines plus tard au Cap Ferrat et y acquiert une villa qu’il baptisera Aliréré, acronyme des prénoms de ses quatre enfants. Ces personnalités de la IIIème République apprécient la région : André Tardieu est à Menton et Léon Blum au Cap d’Antibes.

En 1949, le poète Jean Cocteau au cours du tournage des Enfants Terribles, film réalisé d’après son célèbre roman par un tout jeune cinéaste de l’époque, Jean Pierre Melville, fit la connaissance de Francine Weisweiller.

La villa Santo Sospir, construite peu de temps après la guerre, avait été achetée par Alec et Francine Weisweiller en 1946. Utilisée comme maison de vacances, les murs de la villa étaient restés vides. Quelques jours après son arrivée, Jean Cocteau dira : « L’oisiveté me fatigue je m’y dessèche…. ». Il demanda à Francine s’il pouvait dessiner au fusain la tête d’Apollon au-dessus de la cheminée du salon. De fil en aiguille, il tatoua de fresques tous les murs de la maison.

Cocteau écrira : « Il ne fallait pas habiller les murs, il fallait dessiner sur leur peau, c’est pourquoi j’ai traité les fresques linéairement avec le peu de couleurs qui rehaussent les tatouages. Santo Sospir est une villa tatouée ».

La Fleur du Cap est une des villas emblématiques de Saint-Jean-Cap-Ferrat. D’abord baptisée villa Socoglio par son propriétaire, après sa construction en 1880 elle a connu des occupants illustres. Tout d’abord la Duchesse de Marlborough, la cousine par alliance de Winston Churchill, qui deviendra lui-même un habitué de l’Hôtel Royal Riviera. Puis Léopold III, roi des Belges, successeur et neveu de Léopold II, qui lui aussi avait de nombreuses résidences à Saint Jean Cap Ferrat. Charlie Chaplin y séjourna également une semaine, ainsi qu’au Royal Riviera proche. Elle sera ensuite occupée par David Niven, le célèbre acteur de la Panthère Rose, ce qui lui vaut le surnom de « Villa David Niven ». L’actrice américaine Grace Kelly, amie de David Niven, aurait diné à de nombreuse reprise, avec son mari, le Prince Rainier de Monaco.

La Villa La Voile est située sur le côté est du Cap Ferrat. Lord Norman Foster a acheté la villa Messidor à Jacques Dembiermont, ancien PDG des Forges Dembiermont à Hautmont dans le Nord, et l’a repensée. Rénovée en 2002, elle tire son nom de son design qui la fait ressembler à un bateau qui aurait accosté sur les remparts du cap. Elle exhibe une voile qui rappelle celle des navires, à la différence près que Foster a choisi une dominance de blanc pur et transparent et non pas un tissu opaque.

L’ambiance marine est bien au rendez-vous puisque La Voile offre une vue imprenable sur l’horizon ; une ouverture verticale dans la structure-même de la demeure garantit un panorama spectaculaire, brouillant ainsi les limites entre l’intérieur et l’extérieur.

Les Cèdres, villa de 1600 m2, construite en 1830, a appartenu au roi des Belges Léopold II à partir de 1904, avant d’être rachetée, en 1924, par Alexandre Marnier-Lapostolle, descendant de l’inventeur du Grand Marnier. Celui-ci créa un jardin botanique de réputation mondiale dans le parc de 14 hectares, inscrit à l’Inventaire Général du Patrimoine Culturel, où ont longtemps poussé des plantes entrant dans la composition de la célèbre liqueur. En 2016, les héritiers de l’empire Grand Marnier l’ont vendu au groupe italien Campari, qui s’est immédiatement dessaisi de ce joyau.

 
Et l’incontournable Pierre Grüneberg !

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