Didier Lemaire « Lettre d’un Hussard de la République »

Je reprends ici le texte de Sandra Freyburger qu’elle a publié sur sa page Facebook car il faut diffuser le plus largement possible ce qu’elle dénonce. La France, dirigée par des lâches qui refusent de voir la réalité, laissent le mal islamiste se répandre. Ce refus de voir la réalité n’est pas nouveau. Dans les années trente, déjà, les pacifistes refusaient d’arrêter Hitler dans ses reconquêtes territoriales bien que l’on savait pertinemment ce qu’il préparait. Une fois réarmé il lança ses forces à l’ouest puis à l’est. Il fallut les forces de frappe américaines et soviétiques pour en venir à bout. Penser que des pervers belliqueux ne sont qu’une minorité que l’on croit savoir gérer et contrôler est une grave erreur qui finira par se payer un jour.

Il conclue, page 212 :

« 16 octobre 2020, aux alentours de 17 heures. Éragny, rue du Buisson-Moineau, à quelques centaines de mètres du collège du Bois-d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine. Un enseignant sort en voiture de son collège. Il passe dans une rue et, voyant un homme à terre, s’arrête. Il pense à un accident. Il descend de son véhicule et reconnaît au sol son collègue, Samuel Paty. Un homme, penché sur son corps avec un couteau, est en train de le décapiter. L’enseignant remonte dans sa voiture. Il ne prévient personne. Il roule 600 kilomètres et retrouve sa maison de vacances ».

Didier Lemaire apporte, dans « Lettre d’un Hussard de la République », la touche finale de la chaîne de complicité qui a conduit, de fait, à la pose de cette première pierre d’un califat juridique, sur le sol français, avec l’exécution littérale de la condamnation à mort d’un blasphémateur, tel que la charia le stipule. 71 pays considèrent en effet dans le monde le blasphème comme un crime, le punissant de mort en Iran, au Pakistan, en Afghanistan, à Brunei, en Mauritanie et en Arabie Saoudite, au nom du coran. La décapitation de Samuel Paty fut une victoire politique de l’islamisme, son retentissement fut mondial, outre le fait qu’elle ait aussi été un autre des cinq ou six attentats concernant Charlie Hebdo, puisque la caricature montrée à ses élèves par Samuel Paty provenait du journal satirique.

Didier Lemaire, professeur de philosophie pendant 20 ans à Trappes, également dans les Yvelines, ayant dû quitter son poste et vivre depuis sous protection pour avoir pris publiquement position sur cette décapitation, livre ici l’exposé à la première personne de ce chemin de mort qui mène des quartiers aux bases des califats européens à venir.

« Chemin de mort. 21 novembre 2005, à Trappes, c’est le responsable technique du lycée Alain Lambert qui meurt de l’inhalation des fumées de sa voiture incendiée au pied de son logement de fonction ; dix ans plus tôt en 1995, « banlieue nord de Paris », il y a déjà « le grand Demba », qui reste debout au fond de la classe où il vient avec un revolver, dans un lycée où des individus cagoulés peuvent débarquer dans la salle de cours d’un professeur de mathématiques, le traiter de « sale juif » et le démolir avec des battes de base-ball ; Villeneuve-la-Garenne, 1996, une enseignante est tuée par balles à la sortie du lycée ; Lemaire reçoit ses premières menaces de mort à Clichy, 1997, pour un zéro à une copie de 10 lignes, de la part d’un élève de Mantes-la-Jolie ceinture noire de karaté qui a déjà massacré un autre professeur ; Gennevilliers, 1998, il arrive que des élèves disparaissent ; Trappes, la synagogue brûle en 2000, des concerts de klaxon saluent les attentats de Charlie-Hebdo en 2015, alors que plus de 80 jeunes partent en Syrie, des élèves de Didier Lemaire les appellent à Raqqa devant lui ; en 2013 l’un de ses élèves, Alexandre, égorge un militaire à la Défense, Moussa lui attaque au couteau des militaires de faction devant le consistoire israélite de Nice ; jusqu’au 16 octobre 2020 et la décapitation de Samuel Paty dans la ville voisine de Conflans-Sainte-Honorine, qui conduit à la mise sous protection puis à l’exfiltration de son lycée et de sa commune de Didier Lemaire, qui a exprimé son point de vue dans plusieurs médias, et récolté « Si Didier Lemaire ne cesse pas de parler de l’islam et de Trappes, il sera le deuxième Samuel Paty ».

Lemaire explique ses tentatives d’interposition par la philosophie, il fait venir en cours des rescapés du goulag ou de la Shoah, organise des sorties au théâtre ou au cinéma, tente de trouver des salles pour faire jouer ses élèves, et essuie des refus croissants, aussi bien des élus de gauche que de LREM ; à partir de 2015, il note qu’un nombre croissant d’élèves refuse de rentrer dans le jeu de penser par soi-même et de douter. Il balise le paysage avec des chiffres : jusqu’à 50% d’élèves de CM1/CM2 pratiquent le ramadan dans certaines classes ; refus du sport ou du chant pour les filles, de plus en plus moquées dès qu’elles parlent en cours ; 1700 ressortissants français sont partis en Irak et Syrie, 4000 y étaient candidats, de 22.000 à 40.000 personnes vivent en France sous emprise salafiste ou tablighi, on dénombre sur le territoire 147 mosquées tablighi, 152 salafistes, 170 fréristes, soit 1/5° des mosquées françaises sous contrôle islamiste ; des centaines d’individus radicalisés sortent impunément de prison, des milliers de fichés S se promènent librement, il n’y a plus assez de policiers pour les surveiller ; 300.000 étrangers fragilisés arrivent chaque année sur le sol national ; une cinquantaine de synagogues sont attaquées de janvier 2000 à juin 2001, les attentats du 11 septembre démultiplient le phénomène, qui conduit à l’exode les citoyens juifs des quartiers ; l’Institut du monde arabe distribue sur fonds publics aux lycées des affiches de calligraphie crypto-coranique qui sont des appels à la prière du prophète, et expose des cartes du Moyen-Orient sans l’État d’Israël ; il y a généralisation des menaces de mort contre les professeurs après la décapitation de Paty, que j’ai également renseigné dans Le Livre Noir de l’Islamisme ; un enseignant sur deux s’autocensure, d’autant plus s’ils sont jeunes ; le maire de Trappes Ali Rabeh, son avocat Pascal Cherki (deux proches de Benoît Hamon), le préfet des Yvelines Jean-Jacques Brot prennent à partie le professeur, le président du Sénat Gérard Larcher « aurait déconseillé de le soutenir » ; la cheffe de la direction du personnel enseignant du Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports l’affecte au lycée Georges-Braque d’Argenteuil, autre pépinière islamiste en France ; indifférence des élèves qui ont permis à Abdoullakh Anzorov d’assassiner Paty…

Ce sont là plus que des constats ; c’est aussi plus qu’un cri d’alarme, qui sont déjà lancés depuis vingt ans (« Les Territoires Perdus de la République », Emmanuel Brenner alias Georges Bensoussan, 2002 / « Rapport Obin », 2004). C’est le constat d’un point de non-retour, dans lequel la gauche politique, syndicale, associative, culturelle, journalistique, judiciaire et administrative, dont l’Éducation Nationale en premier chef, ont joué un rôle éminent, et conscient.

Ce livre décrit plutôt la mort des Lumières.

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