La voiture électrique en question

On trouve de tout dans les thèses écologiques. La juste défense d’un environnement propre et sain permet de faire accepter aux citoyens des choix économiques et des contraintes d’impôts qui paraissent parfois douteux.
Si on prend la question du diesel qui a été, pendant trente ans soutenu et favorisé par les gouvernements, on comprend mal pourquoi, soudain, on lui trouve toutes les nuisances, inconvénients et dangers organiques. L’électrique devenant la panacée à développer au plus vite.
Et pourtant pour Carlos Tavares (patron de PSA) : « Le monde est fou. Le fait que les autorités nous ordonnent d’aller dans une direction technologique, celle du véhicule électrique, est un gros tournant. Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air, sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge ?  Comment est-ce que nous allons produire plus d’énergie électrique propre ? Comment faire pour que l’empreinte carbone de fabrication d’une batterie du véhicule électrique ne soit pas un désastre écologique ? Comment faire en sorte que le recyclage d’une batterie ne soit pas un désastre écologique ? Comment trouver suffisamment de matière première rare pour faire les cellules et les chimies des batteries dans la durée ?  Qui traite la question de la mobilité propre dans sa globalité ? Qui aujourd’hui est en train de se poser la question de manière suffisamment large d’un point de vue sociétal pour tenir compte de l’ensemble de ces paramètres ? Je m’inquiète en tant que citoyen, parce qu’en tant que constructeur automobile, je ne suis pas audible. Toute cette agitation, tout ce chaos, va se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels. »
Ce cri d’alarme d’un PDG, qui est obligé de suivre le mouvement par effet de mode pour que le groupe Peugeot (PSA), qu’il dirige, garde ses parts de marché, est en rupture avec les lobbys écologistes et marque sa différence en se posant les bonnes questions éludées par les « Khmers verts » qui ne conçoivent la défense de l’environnement que par la contrainte.
Pour aller dans son sens, Stéphane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du Nucléaire, précise : « Le cycle de vie d’un véhicule électrique le rend aussi polluant qu’un véhicule thermique.  Le subventionner n’a pas de sens. La fabrication des batteries est tellement émettrice de CO² qu’il faut avoir parcouru de 50 000 à 100 000 km en voiture électrique …. Pour commencer à être moins producteur de CO² qu’une voiture thermique.  Soit 15 à 30 km par jour, 365 jours par an, pendant 10 ans ! »

Et Daniel Roland, de l’AFP, d’ajouter : « Or, contrairement à ce que croient la plupart des gens, soumis à une propagande continuelle des politiques et des industriels, la voiture électrique n’est pas plus vertueuse pour le climat que la voiture thermique, essence ou diesel (…) Alors qu’il est partout prétendu que la voiture électrique n’émet pas de particules fines, comme le signale le magazine Science et Vie (janvier 2015), « les pneus, les freins et l’usure des routes émettent presque autant de microparticules que le diésel (…) L’argent public consacré à son développement est donc totalement injustifié. Or, il s’agit de sommes astronomiques :  

  • Le gouvernement a lancé un plan d’installation de 7 millions de bornes de rechargement à environ 10 000 euros pièce, soit un cout d’environ 70 milliards d’euros
  • Des élus de petites communes, croyant faire un geste pour l’environnement, cassent la tirelire municipale pour s’offrir une borne 
  • Le bonus « écologique » à l’achat d’une voiture électrique dépasse 10 000 € par véhicule, souvent complété par une prime de la région
  • La quasi-totalité des acheteurs sont des ménages aisés, car ces véhicules sont très chers : une fois de plus, l’argent de tous est offert aux plus privilégiés
En réalité, au pays de l’atome, tous les moyens sont bons pour « booster » la consommation d’électricité, en baisse continue depuis des années. Quant à la paranoïa du diésel, elle n’oblige que les automobilistes ; les poids lourds, autocars, navires et avions en sont exclus ! les données de l’industrie maritime ont démontré qu’en considérant la taille des moteurs et la qualité du carburant utilisé, les 40 plus gros navires-cargos du monde polluent autant que l’ensemble des 760 millions d’’automobiles de la planète ! »
Pour le physicien allemand, Christophe Buchal, les voitures électriques émettent plus de CO2 que les voitures à moteur diesel, en tenant compte des émissions de CO2 liées à la production de batteries et de l’origine de la production électrique provenant pour l’essentiel de la combustion de charbon. « L’extraction et le traitement du lithium, cobalt et manganèse utilisés pour les batteries demande beaucoup d’énergie. Ainsi, la batterie d’une Tesla Model 3 représente entre 11 et 15 tonnes de CO2. En tenant compte d’une durée de vie de 10 ans et d’une utilisation à hauteur de 15.000 kilomètres par an, cela revient de 73 à 98 grammes de CO2 par kilomètre (…) À cela s’ajoute les émissions de CO2 liées à la production d’électricité nécessaire pour faire rouler les modèles électriques. En réalité, selon l’étude, une Tesla émettrait in fine entre 156 et 181 grammes de CO2 par kilomètre, ce qui est davantage qu’une voiture diesel comparable de la marque allemande Mercedes, par exemple. (LE SOIR.be)
Mais ce qui obsède le Président Macron c’est le dérèglement climatique, ou réchauffement climatique, qu’il s’obstine à vouloir nous vendre comme un enjeu de politique majeur ! Or que pèse la France dans le cadre des émissions mondiales de CO2, censées être à l’origine du dérèglement climatique ? D’après l’Agence internationale de l’énergie, site en anglais (Key World Energy Statistics), voici la liste des émissions de CO2 par pays, pour l’année 2016 :
Les données sont en milliards de tonnes. Les pourcentages sont arrondis à la première décimale.
  • Monde entier : 32,32 = 100 %
  • Chine : 9,06 = 28,0 %
  • Etats-Unis : 4,83 = 14,9 %
  • Inde : 2,08 = 6,0 %
  • Russie :1,44 = 4,4 %
  • Japon :1,15 = 3,6 %
  • Allemagne : 0,73 = 2,3 %
  • Corée du Sud :0,59 = 1,8 %
  • Iran : 0,56 = 1,7 %
  • Canada :0,54 = 1,7 %
  • Arabie saoudite : 0,53 = 1,6 %
  • Brésil : 0,52 = 1,6 %
  • Indonésie : 0,45 = 1,4 %
  • Mexique :0,45 =1,4 %
  • Afrique du Sud : 0,41 = 1,3 %
  • Australie : 0,39 = 1,2 %
  • Royaume-Uni : 0,37 = 1,1 %
  • Turquie : 0,34 = 1,0 %
  • Italie : 0,33 = 1,0 %
  • France : 0,29 = 0,9 %
Je n’ai pas listé les 177 autres pays qui sont au-dessous de 1 %. Même en admettant que la France divise par deux ses émissions de CO2 grâce à la disparition des voitures à essence ou diesel (quid des transports routiers ?), l’impact sur le dérèglement climatique mondial serait quasiment négligeable.
 

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