Ukraine, un processus dévastateur

Le sujet est tellement sensible que tenter d’apporter un éclairage objectif peut être rapidement jugé et sanctionné. Allons-y quand même !

Présentation du pays (Wikipedia) :

« L’Ukraine est un état d’Europe orientale, le deuxième d’Europe par sa superficie. Elle est bordée par la mer Noire et la mer d’Azov au sud. Ses pays frontaliers sont la Russie au nord-est et à l’est, la Biélorussie au nord, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Moldavie. Sa capitale est Kiev et compte 45 millions d’habitants.

Les origines de la culture ukrainienne remontent à l’État slave oriental médiéval de la Rus’ de Kiev. Après la chute de cette dernière à l’issue des invasions mongoles du XIIIème siècle, le territoire fait l’objet de partitions et se voit revendiqué par plusieurs puissances étrangères, dont la république des Deux Nations à l’ouest et l’Empire ottoman au sud. L’Hetmanat cosaque indépendant existe entre le XVIIème siècle et le XVIIIème siècle, avant que ses parties orientale et centrale n’intègrent l’Empire russe. L’Ukraine occidentale intégrera de son côté l’empire d’Autriche, son successeur l’Autriche-Hongrie, puis la Deuxième République de Pologne.

Pendant la révolution russe, la République populaire ukrainienne connaît brièvement l’indépendance avec reconnaissance internationale, intègrera une partie de l’ancienne République populaire d’Ukraine occidentale, mais finit par devenir la république socialiste soviétique d’Ukraine de l’Union soviétique, dans les années 1920 à la suite de la guerre civile russe. En 1939, l’Union soviétique achève sa conquête de l’Ukraine occidentale conformément au pacte germano-soviétique.

L’Ukraine devient une nouvelle fois indépendante en 1991, avec la dislocation de l’URSS et est alors la troisième puissance nucléaire mondiale en nombre d’ogives. L’Ukraine abandonne ses armes nucléaires dans le cadre du Mémorandum de Budapest en échange de garanties sur sa sécurité et son intégrité territoriale dont la Russie, les USA et le Royaume-Uni sont garants. »

Le peuple ukrainien a donc été sous influence, ou même domination, d’entités politiques polonaises, lituaniennes, autrichiennes ou russes. Ces derniers, sous l’ère stalinienne, ont écrasé l’identité ukrainienne en provoquant, entre 1931 et 1933, une famine qui fit entre 2,6 et 5 millions de morts. Le nationalisme ukrainien fut aussi violemment réprimé par Staline.

En 1943, une division de Waffen SS ukrainienne est créée, c’est la division SS GALICIE. Les historiens estiment que 220.000 Ukrainiens se sont engagés dans les troupes allemandes pour combattre les Russes pendant la seconde guerre mondiale.

En 1997, Z. Brezinski, ancien conseiller du président Jimmy Carter, dit que la volonté hégémonique américaine de contrer l’Empire russe est patent.  L’objectif est d’éviter que la France et l’Allemagne s’entendent avec la Russie et ne forment un axe Paris-Berlin-Moscou. Les moyens sont la militarisation de l’Europe de l’Est par l’extension des bases militaires de l’OTAN et, si possible, l’adhésion de l’Ukraine à l’UE.

L’élection présidentielle de 2004 montre le clivage entre une Ukraine de l’ouest, pro-européenne, et l’Ukraine orientale, pro-russe. Les influences médiatiques sur le déroulement des scrutins, à la fois des Américains et des Russes, sont avérées. Des manifestations à Kiev réunissent les opposants au candidat pro-russe Yanukovitch arrivé en tête. A tel point que le second tour de l’élection est invalidé. La révolution orange, manipulée en sous mains par les Américains via des organisations occidentales, tels que le Konrad Adenauer Institut, l’Open Society de Georges Soros, le National Democratic Institute for International Affairs (proche du parti Démocrate américain) et la Freedom House proche du gouvernement américain, incite la Cour Suprême à organiser un troisième tour qui verra la victoire de Viktor Yusuchenko sur Viktor Yanoukovitch. 

Selon le journal britannique The Guardian, le gouvernement des États-Unis a dépensé 14 millions de dollars pour organiser la révolution orange.

Quant à la diplomate américaine Victoria Nuland, représentante du Bureau des Affaires Européennes et Eurasiennes à Washington, elle admet que les financements américains ont dépassé les 5 milliards de dollars depuis 1991.

En 2010, Viktor Yanukovitch revient au pouvoir. Les vies politique et économique sont chaotiques : problèmes constitutionnels, une justice politisée, persistance des conflits gaziers avec la Russie, malgré sa légitimité incontestable. 

Pour Xavier Moreau : « Victor Yanoukovitch, lui-même de Donetsk, a bénéficié du soutien massif des électeurs du sud-est de l’Ukraine. Il leur a promis de faire du russe la seconde langue officielle du pays et de se rapprocher de Moscou(…) Il bénéficie d’un soutien massif en Crimée et, surtout, dans le Donbass, où les régions de Lougansk et Donestk votent pour lui à 70 et 76%. »

Mais Yanoukovitch joue sur les deux tableaux : rapprochement avec l’Europe, négociation de contrats énergétiques avec des compagnies occidentales et soutien financier de la Russie estimé à plus de 200 milliards $ depuis l’indépendance de l’Ukraine.

Mais à la suite du refus du gouvernement de signer des accords de rapprochement avec l’Union européenne, le renforcement du mouvement Euromaïdan, infiltré par des éléments fascistes de Svoboda, provoque un renversement du pouvoir : « A Kiev l’ordre constitutionnel a disparu. La cour constitutionnelle est dissoute. Les députés qui soutenaient Viktor Yanoukovitch sont en fuite et pourchassés par les milices, ou se rallient sous la menace des troupes néonazies qui montent la garde devant le parlement. Celui-ci est aux mains des plus radicaux et pour Svoboda l’heure de la vengeance a enfin sonné. Dans l’euphorie du putsch, les radicaux adoptent une loi qui abroge celle sur les langues régionales, mettant ainsi le feu aux poudres. » (Xavier Moreau*)

Le sénateur républicain John Maccain,, déclare à Kiev : « Nous voulons indiquer clairement à la Russie et à Vladimir Poutine que l’ingérence dans les affaires de l’Ukraine n’est pas acceptable pour les Etats-Unis. » Très rapidement, une crise éclate entre les territoires majoritairement russophones du sud-est du pays et le nouveau pouvoir central de Kiev. 

Le , la Crimée proclame son indépendance, puis à la suite d’un référendum est rattachée à la fédération de Russie le 18 mars. Ce référendum et le rattachement qui a suivi ont été condamnés par l’Ukraine et une large part de la communauté internationale.

« Le 3 juin 2014, l’armée ukrainienne écrase Slaviansk sous les bombes, provoquant un véritable carnage et détruisant systématiquement les infrastructures civiles (…) Bien que Slaviansk soit donnée pour encerclée, les troupes pro-russes du colonel Strelkov, percent sans difficulté avec 90% de leurs effectifs et la quasi-totalité de leurs blindés » (Xavier Moreau*). La guerre du Donbas fera 13.000 morts !

*« UKRAINE, pourquoi la France s’est trompée » de Xavier Moreau, éditions du Rocher

A suivre

2 réflexions au sujet de « Ukraine, un processus dévastateur »

  1. C’est effectivement seulement en regardant l’histoire que le conflit actuel prend du sens, et la position des Ukrainiens et de Russes. Les propos médiatiques restent extrêmement caricaturaux. Ces approximations conduisent à une incompréhension durable. La guerre a pris maintenant une dimension qui fait douter d’une issue militaire maîtrisé et acceptée. Peut être serait temps de comprendre qu’une paix ne peut résulter que d’une négociation, négociation qui ne peut ignorer l’histoire, la démographie, les langues, les occasions perdues et les positions respectives.

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  2. Ping : Ukraine, un processus dévastateur (suite 2) | Marc Flandin Sélection

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