Comment la IIIème République a réagi face à la montée du nazisme ?

SOMMAIRE

  1. Pourquoi le traité de Versailles ? quel fut son impact sur la montée du nazisme ?
  2. Les marqueurs des années 30 : instabilité gouvernementale et montée des extrêmes
  3. Krach de 29 : crise financière entraine crise économique qui aboutit à une crise sociale, explosion du chômage
  4. 1932 : l’Allemagne obtient l’égalité des droits en matière d’armement qui lui permet d’avoir une armée équivalente à celle de la France – Les positions opposées de Blum (socialiste) et de Flandin (Alliance Démocratique) – L’impuissance de la SDN – Le mouvement pacifiste anglais
  5. 1933 : Hitler devient chancelier – fin de la démocratie – incendie du Reichstag
  6. 6 février 1934 : pourquoi les partis extrêmes prennent de l’importance ? faiblesse des partis démocratiques
  7. 1934/35 : Flandin Président du Conseil – les accords de Stresa – le pacte franco-soviétique
  8. De quelle défense doit se doter la France ?
  9. 1936 : Flandin, Ministre des Affaires étrangères avant le Front Populaire
  10. 1938 : les accords de Munich – annexion des sudètes
  11. 1939 : invasion de la Pologne – déclaration de la guerre
  12. 1940 : l’Allemagne envahit la France
  13. Armistice et fin de la IIIème République

INTRODUCTION

À la fin de la première guerre mondiale tout le monde s’accordait pour dire : « plus jamais ça ». Les nations européennes, plus les USA, ont eu la volonté de prendre des mesures pour que cessent ces conflits récurrents entre la France et l’Allemagne ainsi que toute guerre en Europe. Ce fut la signature du Traité de Versailles et la création de la Société des Nations (SDN). Mais en affaiblissant l’Allemagne on a favorisé la montée du nazisme qui avait pour objectif de recréer son empire, le 3ème Reich. Face à cette volonté affirmée les responsables politiques Français n’ont pas réussi à avoir une position claire et durable.

En effet la 3ème République avait un système constitutionnel qui l’empêchait de mettre en place des mesures stables et pérennes. À cela s’ajoutent un manque de vision des réalités militaires ainsi que les faiblesses morales de la vie politique et la défaillance du système capitaliste, qui ont favorisées la montée des partis d’extrême droite et des communistes.

Les marqueurs de cette période sont, en France :

  • Beaucoup de petits partis favorisant les coalitions à l’Assemblée Nationale
  • Une constitution qui facilite les fréquents changements de gouvernement et partant une instabilité ministérielle chronique
  • Une classe politique gangrenée par les « affaires » : les scandales politico-financiers
  • La montée des partis extrêmes (droite et gauche)
  • 3 partis majeurs :
    • L’Alliance Démocratique présidée tour à tour par Pierre-Étienne Flandin et Paul Reynaud ; parti de Centre droit qui fait alliance, selon les cas, avec la droite ou avec les Radicaux socialistes
    • Le parti Radical Socialiste dont le principal représentant était Édouard Daladier
    • Le parti Socialiste dirigé et animé par Léon Blum
  • Pour la première fois, en 1936, les socialistes et les communistes font alliance à l’occasion des élections législatives, c’est le Front Populaire
  • Des généraux Français en responsabilité de la défense nationale qui ne prennent pas la mesure de la nécessité de se doter d’un armement moderne et puissant se retranchant derrière le concept inefficace de la « Ligne Maginot »

Au niveau international :

  • Une crise financière majeure, le Krash de 29, qui remet en cause le système capitaliste, provoquant une grave crise économique et sociale
  • L’arrivée au pouvoir d’Hitler et des nazis en Allemagne et des fascistes Mussolini en Italie et Franco en Espagne
  • Face au danger d’une probable nouvelle guerre avec l’Allemagne, les responsables politiques Français et Anglais oscillent entre pacifisme et manière forte

1.    Le Traité de Versailles

Plus connue sous le nom de « 1ère guerre mondiale », la guerre de 14/18 a donc duré 4 ans et fait un million et demi de morts. L’Allemagne vaincue grâce à l’aide militaire des anglo-saxons, se voit puni par les démocraties alliées. On cherche à prendre des mesures pour qu’une telle guerre ne se reproduise plus en Europe. Ainsi fut signé le traité de Versailles le 28 juin 1919 entre l’Allemagne et les Alliés. Ces mesures contraignantes obligent l’Allemagne, d’une part, à payer des réparations à la France qui lui coûtent chères, et, d’autre part, la prive de sa puissance militaire qui a toujours été la fierté de son peuple.

Lien vers la suite de ce paragraphe

  1. L’instabilité gouvernementale 

Avant 1958, les institutions étaient caractérisées par une forte instabilité ministérielle. On compte 104 gouvernements entre 1871 et 1940, soit en près de 70 ans ! Cette instabilité s’explique d’abord par la prédominance du Parlement dans le système institutionnel des IIIe et IVe Républiques. Celui-ci contrôlait étroitement le gouvernement en intervenant dans sa composition par le biais de l’investiture et en mettant fréquemment en cause sa responsabilité. S’il arrivait qu’une majorité puisse s’accorder pour renverser l’équipe gouvernementale en place, il était en revanche souvent plus difficile qu’une autre majorité s’accorde sur la désignation d’un nouveau gouvernement. Cette situation politique conduisait à de longues et paralysantes crises ministérielles.

La Troisième République n’est qu’instabilité gouvernementale. Un État affaibli par trop de partis obligés à des alliances, gangrenés par la corruption et encombrés d’extrêmes. L’époque est marquée par de graves difficultés économiques à la suite du Krach boursier de 1929. Et sur la scène internationale, la montée du nazisme oblige au réarmement, sous la contestation des pacifistes anglais et français.

  1. Le krach financier de 1929 

Le 24 octobre 1929, le monde de la finance a connu un crash sans précédent. On donna le nom de jeudi noir, pour refléter le désespoir et la stupeur. En effet ce crash a eu des conséquences énormes au niveau mondial. Toutes les grandes puissances furent touchées et cela entraina l’Allemagne dans une crise terrible qui précéda une montée de l’extrémisme.

Jusqu’en 1929, l’économie américaine croît avec d’excellents résultats. En 1929, l’Amérique est à son apogée et il y règne une confiance aveugle. La crise de 1929 va donc surprendre le monde entier. On imaginait même que la pauvreté y serait bientôt éradiquée. C’est sur ce climat de confiance et de croissance, que les marchés financiers vont commencer à séduire de plus en plus de monde. Toutes les catégories sociales deviennent des acteurs potentiels. Les années qui précèdent 1929 vont connaître des bonds records : +27% et +31%. De nouveaux mécanismes financiers voient le jour. On peut alors acheter des titres en n’en payant qu’une partie. On rééquilibre la transaction au moment de la revente. Un tel mécanisme, dans une période de croissance est favorable à l’économie mais il est extrêmement dangereux en cas de retournement.

Entre octobre et fin décembre 1929, le Dow Jones a perdu près de 32%. En 1932, la chute aura été de 85%. C’est à partir de là qu’il y aura un rebond du côté américain, mais le monde ne s’en remettra pas aussi rapidement. Dans les pays d’Europe, on voit un resserrement du crédit ; les banques sont inquiètes. Il s’en suit une baisse de la consommation et donc, une baisse de la production suivie à son tour par une hausse du chômage. Autant dire que ce n’est pas un climat favorable pour les investisseurs, qui ne prennent plus aucun risque. L’Amérique connait alors une période de déflation due à la baisse simultanée des prix et de la consommation, mais c’est l’Allemagne qui connaîtra la plus forte inflation puisqu’elle entrera même en hyperinflation. On assiste alors à une montée des extrémismes qui conduiront au second conflit mondial.

La France, qui subit la crise économique consécutive à la crise financière, est foudroyée par le chômage. La solidarité devient une nécessité absolue. L’étranger devient le bouc émissaire.

La France compte trois cents à quatre cents mille chômeurs français ; et elle accueille deux millions de travailleurs étrangers. C’est à dire qu’il suffirait de rendre trois cents à quatre cents mille travailleurs étrangers à leurs patries respectives pour que tous les Français eussent du travail.

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