Sylvain Tesson – « Dans les forêts de Sibérie »

Sylvain Tesson, c’est une éthique de vie alimentée par l’absolue nécessité de repousser les limites de la connaissance de l’âme et d’oser les défis les plus fous : « L’essentiel est de mener sa vie à coups de gouvernail. De passer la ligne de crête entre des mondes contrastés. De balancer entre le plaisir et le danger, le froid de l’hiver russe et la chaleur des poêles. Ne pas s’installer, toujours osciller de l’une à l’autre extrémité du spectre des sensations. »

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À la lumière du petit matin

Agnès Martin-Lugand nous présente Hortense, professeur de danse, volontaire, sensible et attachante, qui se foule la cheville et part se ressourcer dans la bastide familiale. Elle attend un engagement de l’homme qu’elle aime, mais qui est marié et n’imagine pas quitter femme et enfants. Elle le sait mais ne veut pas y croire.

La distance et un nouveau cercle d’amis retrouvés lui font prendre conscience que son histoire d’amour est sans issue. Un médecin énigmatique lui offre une nouvelle chance.

C’est d’une écriture sensible, émouvante et juste. Les protagonistes sont attachants par leur sincérité à comprendre que ce cordon, qui maintient Hortense dans une soumission, lui inflige plus de frustration que ne lui apporte un équilibre apaisant. Leur regard vis à vis d’elle reste hors de tout jugement qui la blesserait.

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L’amour, l’art, la mort

L’amour parce que c’est l’essence de la vie, le plaisir suprême, la félicité extatique, la sublimation de l’âme, la vraie raison d’être, d’exister, de surmonter les épreuves, de croire au divin.

L’art pour l’émotion, la quintessence de la capacité de l’homme à créer de l’exceptionnel, du beau, de l’esthétique; à accorder avec talent les sons, les couleurs, les matières. L’art c’est aussi la capacité à exprimer l’inattendu, l’essentiel, les courants de pensée, les moeurs, les excès et la perversité de la société ou des civilisations; de dénaturer les croyances, de se moquer des dogmes politiques ou religieux.

La mort, parce qu’elle est inéluctable, qu’il faut donc s’y préparer, la dompter, l’accepter, la regarder en face comme une transition naturelle, même si on ne comprend pas pourquoi on est venu sur cette terre, pourquoi on nous a donné l’intelligence de se poser cette question sans nous en donner la réponse. N’y a-t-il pas une certaine perversion dans ce mystère ? C’est une frustration qui tourmente, une issue inconnue qui effraie.

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Le rêve

Le rêve…

C’est un euphémisme de dire que le rêve est plus beau que la réalité, car il sublime l’essentiel et gomme le superflu… il réduit l’espace temps au cosmos, qui est sans limite et qui devient un espace sans intérêt, inutile, une notion humaine alors que nous ne sommes que dans l’esprit, l’infini. Le rêve se limite au flou de l’objectif qui se focalise sur l’essentiel …

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« Les vautours de la mine »

C’est comme un délit d’initié.

Que ne ferait-on pas pour acquérir des matières premières à un cours normal quand on sait que la pénurie va provoquer une hausse des prix ?

Mai 1981. Edouard de Fouquier reçoit en pleine nuit un appel téléphonique de son ami américain, Jim, qui l’informe que les gelés au Brésil vont détruire une grande partie de la récolte de café à venir. L’industriel, un des plus grands fabricants de café consommable en France, décide de profiter de cette information pour s’assurer d’approvisionnements au prix du marché avant que les cours ne montent. Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, il décide de se rendre lui-même en Afrique. Démarche innocente que le destin va détourner de sa destination initiale.

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Ils ont dit ou écrit

Hédi KADDOUR

Il a le sens du descriptif. Dans « Les pierres qui montent », notes et croquis de l’année 2008 :

« Avenue d’Italie. Grande, chaussures à demi-talons, jupe droite, veste de cuir ajustée à la taille, elle n’a pas froid, elle pousse un landau. Une vraie cadence. Jambes aux muscles longs, fesses très fermes. Je me crois un piéton plutôt rapide, mais elle m’a doublé et mis dix mètres comme de rien. Elle a un déhanchement preste mais qui ne s’attarde pas sur les côtés, léger, projetant vers l’avant – peut-être celui des marcheurs de compétition, mais épuré, sans aucun ridicule dans les épaules. Je la rejoins à un feu rouge. Beau profil. Elle me remet dix mètres. Elle a tourné rue de Tolbiac. »

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