À la lumière du petit matin

Agnès Martin-Lugand nous présente Hortense, professeur de danse, volontaire, sensible et attachante, qui se foule la cheville et part se ressourcer dans la bastide familiale. Elle attend un engagement de l’homme qu’elle aime, mais qui est marié et n’imagine pas quitter femme et enfants. Elle le sait mais ne veut pas y croire.

La distance et un nouveau cercle d’amis retrouvés lui font prendre conscience que son histoire d’amour est sans issue. Un médecin énigmatique lui offre une nouvelle chance.

C’est d’une écriture sensible, émouvante et juste. Les protagonistes sont attachants par leur sincérité à comprendre que ce cordon, qui maintient Hortense dans une soumission, lui inflige plus de frustration que ne lui apporte un équilibre apaisant. Leur regard vis à vis d’elle reste hors de tout jugement qui la blesserait.

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L’amour, l’art, la mort

L’amour parce que c’est l’essence de la vie, le plaisir suprême, la félicité extatique, la sublimation de l’âme, la vraie raison d’être, d’exister, de surmonter les épreuves, de croire au divin.

L’art pour l’émotion, la quintessence de la capacité de l’homme à créer de l’exceptionnel, du beau, de l’esthétique; à accorder avec talent les sons, les couleurs, les matières. L’art c’est aussi la capacité à exprimer l’inattendu, l’essentiel, les courants de pensée, les moeurs, les excès et la perversité de la société ou des civilisations; de dénaturer les croyances, de se moquer des dogmes politiques ou religieux.

La mort, parce qu’elle est inéluctable, qu’il faut donc s’y préparer, la dompter, l’accepter, la regarder en face comme une transition naturelle, même si on ne comprend pas pourquoi on est venu sur cette terre, pourquoi on nous a donné l’intelligence de se poser cette question sans nous en donner la réponse. N’y a-t-il pas une certaine perversion dans ce mystère ? C’est une frustration qui tourmente, une issue inconnue qui effraie.

Unknown