Pourquoi Musk lance Grokipedia ?

Grokipédia ou la contre-révolution cognitive de Musk

Quand Elon Musk décide de créer Grokipédia, sa propre encyclopédie dopée à l’intelligence artificielle, il ne s’agit pas d’une lubie d’ingénieur mégalo. C’est un acte politique. Une déclaration de guerre. Non pas contre la connaissance, mais contre le monopole idéologique qui, depuis deux décennies, dénature l’accès au savoir sous prétexte de neutralité.

Grokipédia : la fin programmée de Wikipédia ?

Le nom est bien trouvé. Il vient de Grok, verbe emprunté au roman culte Le Guide du voyageur galactique, signifiant « comprendre de façon totale et intuitive ». Musk veut en finir avec les articles tièdes, aseptisés, souvent biaisés, qu’on trouve sur Wikipédia – pour proposer une connaissance « chaude », personnalisable, contradictoire, contextualisée.

Musk n’est pas le premier à dénoncer le naufrage de Wikipédia. Larry Sanger, co-fondateur de l’encyclopédie, a lui-même parlé d’un « instrument de propagande » à peine masqué, infiltré par des réseaux d’activistes et des bureaucrates du web. Julian Assange, Edward Snowden et même des chercheurs comme Irving Finkel pointent les manipulations, omissions et pressions qui gangrènent la plateforme.

Wikipédia n’est plus un outil d’émancipation. C’est devenu une sorte de Stasi cognitive, une police de la pensée sous apparence de crowdsourcing. Une URSS 2.0 où l’on vous explique que critiquer certains sujets, même avec des sources rigoureuses, est “complotiste”.

Элон Маск создает свою Википедию на основе искусственного интеллекта ...

De la connaissance froide à la connaissance chaude

Aujourd’hui, les IA de toutes obédiences – ChatGPT, Claude, Perplexity – s’alimentent encore largement de trois sources : Wikipédia, Reddit, YouTube. Problème : ces plateformes sont souvent gangrenées par le conformisme algorithmique, la partialité éditoriale et une misère épistémologique flagrante.

Musk l’a compris. Il veut sortir du triangle toxique Reddit-Wikipédia-YouTube et bâtir une base de données alternative qui servira de carburant à ses propres IA. Une encyclopédie où coexistent plusieurs versions d’un article, où l’on choisit l’angle, la controverse, les sources, les variantes.

Pourquoi Wikipédia est devenu un problème ?

Parce que l’outil s’est fossilisé. L’ergonomie est inchangée depuis 2005. Le contenu, verrouillé par des « administrateurs » souvent militants. Le traitement de certains personnages – de Didier Raoult à Elon Musk lui-même – est d’un parti-pris caricatural.

Mensonge par omission, sources orientées, blanchiment médiatique, recyclage de fake news, complaisance envers certains régimes ou idéologies… On n’en finit plus de relever les dérives. Wikipedia est devenue une multinationale de la connaissance officielle, avec ses lobbys, ses censeurs, ses mots interdits.

Grokipédia : encyclopédie libre ou instrument de pouvoir ?

Ne soyons pas naïfs. Si Musk lance Grokipédia, ce n’est pas pour le plaisir de concurrencer Jimmy Wales. C’est une arme stratégique dans la guerre des récits. Contrôler les sources, c’est influencer les IA. Influencer les IA, c’est piloter l’opinion publique dans les décennies à venir.

Avec X (ex-Twitter), Tesla, Starlink, SpaceX, Neuralink et désormais Grokipédia, Musk consolide un écosystème complet de souveraineté cognitive. Pendant que les institutions s’enlisent dans le wokisme ou la censure, Musk bâtit des alternatives.

Et ça marche. Il a réussi là où tous l’annonçaient condamné : Tesla, SpaceX, Starlink, Cybertruck… Grokipédia pourrait bien être son prochain coup de maître.

Ce que Musk devrait faire (et que Wikipédia ne fera jamais)

  • Connecter l’IA aux archives oubliées : tablettes assyriennes, traditions orales, fonds numérisés, langues rares…
  • Croiser les controverses : proposer plusieurs lectures du réel, sans imposer un filtre unique.
  • Encourager l’intelligence critique : au lieu de verrouiller le débat avec des bandeaux de “fake news”, inviter à la vérification, à la contradiction.
  • Rendre visible le contexte des sources : leur origine, leurs financements, leurs conflits d’intérêt.

⚖️ Conclusion : vers une pluralité cognitive

Wikipédia mourra de sa rigidité. Grokipédia ou un autre prendra le relais. Non parce que Musk est parfait – il ne l’est pas – mais parce que l’époque réclame une nouvelle approche de la connaissance : décentralisée, plurielle, évolutive, opposable.

C’est peut-être cela, la véritable révolution cognitive. Une encyclopédie post-moderne où les vérités ne s’imposent plus par le haut, mais se construisent dans l’interaction, dans la friction, dans la confrontation éclairée.

Et si, demain, les IA formaient nos enfants, nos juges, nos dirigeants ? Autant qu’elles soient formées elles-mêmes… par autre chose que des mensonges collaboratifs.

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