« Le shérif est de retour : Trump réécrit les règles du monde »

Trump modifie les règles du jeu mondial

Le 3 janvier 2026 marque une date charnière. En pleine nuit, Nicolás Maduro, président vénézuélien recherché par la justice américaine pour narcoterrorisme, est capturé au cours d’une opération américaine éclair. En tongs et en pyjama, exfiltré vers New York, il sera jugé comme un criminel relevant du terrorisme. Le symbole est brutal. Le message, limpide : l’Amérique de Donald Trump ne reconnaît plus les anciennes limites.

Cette arrestation n’est ni un coup de tête ni une improvisation. Elle s’inscrit dans une doctrine assumée, écrite noir sur blanc depuis longtemps. Dès le milieu des années 2000, un rapport stratégique de la Maison-Blanche annonçait déjà deux lignes rouges :

  1. Les États-Unis doivent rester la puissance dominante de l’hémisphère occidental.
  2. Les influences étrangères en Amérique latine doivent être renvoyées chez elles.

Ce document, qui fit scandale en Europe pour sa critique frontale de l’Union européenne – qualifiée d’entité supranationale parasitaire – expose surtout une vision très claire de l’Amérique latine : une zone vitale, non négociable, relevant de l’arrière-cour stratégique de Washington.

 

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Le narcoterrorisme comme arme juridique

Depuis Trump I, le trafic de drogue visant le territoire américain est assimilé à une activité terroriste. En conséquence, les chefs d’État impliqués deviennent des cibles pénales légitimes. Maduro coche toutes les cases. Son procès à New York n’est donc pas une entorse au droit, mais l’application stricte d’une nouvelle règle américaine.

Pourquoi commencer par lui ?
D’abord parce qu’il fallait un premier exemple. Ensuite parce que Washington a annoncé sans détour que d’autres suivraient.

« Je suis extrêmement fier de ce que le président a accompli », a déclaré Marco Rubio.
« Nous avons commencé avec le Venezuela. Puis viendront Cuba, le Nicaragua. Et l’année prochaine, la Colombie. La démocratie va revenir dans cet hémisphère. »

Même le président colombien, se sentant visé, a rapidement demandé audience à la Maison-Blanche. Selon un message publié par Trump, il sera reçu prochainement.

Le vrai nerf de la guerre : le pétrole

Derrière la morale et la démocratie, il y a le réel. En 2007, sous Hugo Chávez, le Venezuela impose aux compagnies pétrolières étrangères de devenir actionnaires minoritaires de leurs propres exploitations. Chevron et Total acceptent à contrecœur. ExxonMobil et ConocoPhillips refusent et sont nationalisées.

S’ensuivent des condamnations internationales à plusieurs milliards de dollars. Le Venezuela refuse de payer. Pourquoi le ferrait-il ? Parce que le droit international, sans police ni souveraineté mondiale, repose en réalité sur le rapport de force. Trump ne fait que tirer la conclusion logique : quand le droit ne suffit plus, la puissance tranche.

La fin assumée du multilatéralisme

Trump ne cache rien. Il a signé des executive orders retirant les États-Unis de 66 organismes internationaux jugés contraires aux intérêts américains. Le multilatéralisme* est mort. Non seulement à Washington, mais partout ailleurs :

  • La Chine veut dominer sa zone.
  • La Russie impose la sienne.
  • Toute puissance militaire sérieuse raisonne désormais en sphères d’influence.

L’Amérique latine est américaine. Le reste du monde devra choisir ses alliances. Le message est dur, mais clair.

*Le multilatéralisme est le principe selon lequel les affaires internationales doivent être gérées collectivement par plusieurs États, dans des cadres institutionnels et juridiques communs.

La réaction des autres puissances

La Chine proteste officiellement, dénonçant une violation grave de la souveraineté vénézuélienne et exigeant la protection de ses intérêts. Mais en réalité, Pékin a compris : l’arrière-cour des États-Unis n’est pas négociable.

La Russie, elle, ne fait pas grand bruit. Certains évoquent même un accord tacite entre Trump et Poutine : retrait russe d’Amérique latine contre moindre pression américaine sur l’Ukraine, laissant l’Union européenne en première ligne. Hypothèse prudente, mais cohérente avec la logique actuelle de partage des zones d’influence.

Pendant ce temps, Washington arraisonne des tankers vénézuéliens en mer. Même sous pavillon russe, ils sont stoppés. Et Moscou laisse faire. Tout le monde a compris les nouvelles règles.

Après le Venezuela : le Groenland ?

Trump l’a évoqué lui-même : prochaine étape, le Groenland. Un territoire immense, stratégique, riche en ressources, peu peuplé. L’idée d’un rachat, d’un vote assorti d’une compensation financière massive, n’a rien d’inédit dans l’histoire américaine. L’Alaska et les îles Vierges en sont les précédents.

Les Européens protestent, mais sans réel levier. Le Groenland est laissé à l’abandon depuis des décennies. Et l’histoire montre qu’un pays peut changer de souveraineté sans qu’un seul coup de feu soit tiré. Néanmoins une faible coalition de pays européens, dont la France, envoient quelques soldats sur place. Qu’envisagent-ils ? Faire le coup de force contre le pays le plus puissant de l’OTAN ? Ce serait la fin de l’OTAN. Trump s’énerve et menace d’ajouter 10% de droits de douane aux 15% déjà acceptés par Von der Leyen, aux pays européens s’opposant à ce projet.

Vers un monde plus lisible, mais plus dur

Sommes-nous plus proches d’une troisième guerre mondiale ? Probablement pas. Nous assistons plutôt à un immense mouvement de clarification. Chaque grande puissance sécurise ses bases arrière. Le monde devient multipolaire, moins fluide économiquement, mais paradoxalement plus résilient grâce à la multiplication des chaînes logistiques redondantes. Ainsi, services et produits restent disponibles même en cas de crise majeure.

À cela s’ajoute une accélération technologique vertigineuse. Intelligence artificielle, robotique, véhicules autonomes, surveillance algorithmique : tout converge. Des entreprises comme Palantir, dirigée par Alex Karp, incarnent cette nouvelle puissance où données, sécurité et domination stratégique se confondent.

Ces libertariens sont adeptes de pays hors contrôle administratif et juridique. Le Groenland ferait bien l’affaire pour s’y implanter.

Conclusion

Trump ne négocie plus le monde, il le découpe. Le shérif est revenu en ville, sans faux-semblants ni discours moralisateurs. Le pétrole, la sécurité, la technologie et la force définissent désormais les règles. Le multilatéralisme est terminé. Le XXIᵉ siècle s’ouvre sur une ère brutale, mais lisible. À chacun maintenant de choisir son camp… ou son maître.

Maduro, milliardaire communiste

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