Le président de la République française, Emmanuel Macron, a toujours eu un goût prononcé pour le spectacle, et son rôle sur la scène internationale ne déroge pas à cette règle. Son aptitude à manier les déclarations spectaculaires et à jouer de la mise en scène, bien que stratégique dans certains contextes, peut toutefois s’avérer contre-productive dans un environnement de relations internationales de plus en plus tendu. Les récents événements, comme sa déclaration sur Donald Trump, « ce n’est pas toi », et la mise en scène de la réunion des chefs d’état-major à Paris, illustrent bien ce problème.
1. Une forme de panique derrière le spectacle :
Ces gestes spectaculaires ne doivent pas être interprétés comme de l’habileté diplomatique ou un acte de leadership affirmé, mais plutôt comme un signe de panique face à des enjeux géopolitiques complexes, notamment dans le cadre du conflit en Ukraine. Macron semble vouloir attirer l’attention sur la France et son rôle en tant qu’acteur majeur dans la résolution de ce conflit, mais ces démonstrations de force ne traduisent qu’une marginalisation croissante de la France et de l’Union Européenne dans les négociations. En mettant en scène un leadership dont les résultats sont incertains, la France semble perdre en crédibilité, ce qui ne fait qu’accentuer sa marginalisation par rapport à d’autres acteurs comme les États-Unis ou la Russie.
2. La France et l’UE dans le règlement de la guerre en Ukraine :
Le rôle de la France et de l’UE dans le règlement de la guerre en Ukraine est devenu secondaire, voire presque obsolète. À une époque où les décisions cruciales sont prises par les États-Unis, la France semble se contenter de démonstrations symboliques plutôt que d’avoir une influence réelle sur la résolution du conflit. Macron, en jouant à la fois le rôle du médiateur et du stratège, semble ignorer que les événements en Ukraine sont largement dictés par les intérêts géopolitiques des superpuissances, en particulier les États-Unis, qui conservent une domination stratégique sur la situation. Ces mises en scène ne font que refléter une insuffisance de leadership réel de l’Europe dans les affaires mondiales.
3. Réalisme géopolitique et les leçons de l’Histoire :
Il est important de se rappeler que, comme l’a si bien dit Lord Palmerston, un grand homme d’État britannique du XIXe siècle : « L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts permanents. » Cette maxime doit être appliquée à toutes les grandes puissances, et notamment à la France et à ses relations avec les États-Unis. Ceux qui se complaisaient dans une forme de vassalité américaine pendant des années, en croyant que les États-Unis seraient un allié indéfectible, réalisent aujourd’hui que cette relation ne repose pas sur une alliance idéologique durable, mais sur des intérêts communs temporaires. Si ces intérêts ne sont plus alignés, la France pourrait se retrouver à reconsidérer son rôle dans les relations transatlantiques. L’Europe aurait dû avoir une position équilibrée, plus gaullienne, dans ce conflit. Elle paye de ne pas avoir pensé à ses intérêts vitaux et avoir une analyse raisonnable du conflit.
4. Le temps nécessaire pour une véritable armée :
Un autre aspect de la réflexion stratégique actuelle en France concerne la refonte de l’armée. Comme l’exemple de Rome, qui ne refait pas son armée en un jour, la France doit être réaliste quant à la reconstruction de sa puissance militaire et de sa capacité d’influence internationale. L’investissement dans la défense, la stratégie militaire, et une diplomatie d’influence ne se fait pas par des gestes symboliques, mais par un engagement à long terme et un réalignement stratégique plus large sur la scène mondiale.
Conclusion :
En somme, la France et l’UE doivent repenser leur rôle et leur stratégie sur la scène internationale. La diplomatie spectacle et les gestes grandiloquents risquent de se retourner contre elles si elles ne s’accompagnent pas de résultats tangibles. La priorité devrait être donnée à la construction d’une politique étrangère pragmatique, fondée sur des intérêts à long terme plutôt que sur des stratégies éphémères et symboliques.
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