La paix est-elle possible ?

Dans la situation géopolitique actuelle entre la Russie et l’Ukraine  où les forces en présence sont déséquilibrées et où les conséquences de la guerre ont laissé des cicatrices profondes, parvenir à un accord de paix durable nécessiterait une approche stratégique, nuancée et réaliste. Pour obtenir un tel accord :

1. Reconnaissance des faits accomplis et établissement des bases de négociation

Analyse de la réalité géopolitique actuelle :

  • La Russie a gagné la guerre : Il est essentiel de reconnaître que la Russie contrôle désormais les territoires disputés (Donbass, Crimée) et qu’elle n’a pas l’intention de les restituer. Ce point de départ doit être accepté comme un fait.
  • L’Ukraine exsangue : L’Ukraine a perdu une proportion significative de sa population et de ses infrastructures, ce qui la rend incapable de continuer à lutter à long terme sans une aide considérable.

L’importance de la reconnaissance des territoires occupés :

  • Accepter de facto la situation géographique actuelle, avec des zones contrôlées par la Russie, et trouver des solutions alternatives (par exemple, un statut d’autonomie pour les territoires du Donbass tout en les reconnaissant comme étant sous souveraineté russe).
  • Il est crucial d’amener l’Ukraine à comprendre que la restitution des territoires conquis est désormais irréaliste sous le poids des pertes humaines et matérielles.

2. Impliquer les acteurs clés de la diplomatie internationale

  • Les États-Unis : L’ère Biden étant terminée, et sous l’administration Trump, les États-Unis doivent accepter une posture plus pragmatique, impliquant la reconnaissance de la victoire russe, mais aussi l’acceptation d’une Europe et d’une Ukraine désireuses de reconstruire. L’absence d’approvisionnement en armement par les États-Unis souligne leur désir de stopper l’escalade du conflit. Trump et ses conseillers devraient faire pression pour imposer un accord, avec l’idée d’une Europe plus autonome dans ses affaires de sécurité.
  • La Russie : Vladimir Poutine devrait être au centre des négociations, mais l’influence de la Russie dans un cadre multilatéral (par exemple, en incluant des négociateurs de l’ONU ou de l’OSCE) pourrait légitimer un accord. Il serait crucial de maintenir le dialogue avec la Russie tout en évitant l’humiliation de la part de l’Ukraine, en garantissant des garanties sur la sécurité des populations russes et ukrainiennes.
  • L’Ukraine : Il serait impératif que l’Ukraine accepte que la priorité immédiate soit la reconstruction de son pays et la garantie de la sécurité pour ses citoyens restants. Ce compromis passerait par une diplomatie qui prône la nécessité de sécurité et de paix sur son territoire, même si la perte territoriale est reconnue.

3. Sécuriser la stabilité intérieure de l’Ukraine

  • La reconstruction : L’Ukraine, en tant que nation exsangue, doit avoir des garanties sur les ressources nécessaires à sa reconstruction économique et sociale. Des fonds internationaux ou des investissements en provenance de l’UE et d’autres partenaires (y compris la Russie, à travers des engagements de reconstruction) pourraient être utilisés pour soutenir cette stabilité intérieure.
  • Amnistie et réconciliation : Il faudrait également inclure un volet de réconciliation nationale qui permette de réduire les tensions internes (fuite des populations, guerres civiles potentielles dans les zones occupées) et de favoriser le retour des exilés ukrainiens, notamment ceux qui ont trouvé refuge en Russie.

4. Un accord bilatéral ou multilatéral sur la sécurité

  • Sécurité pour les minorités russes et ukrainiennes : Un accord de paix devrait inclure des mécanismes garantissant la sécurité des minorités ethniques des deux côtés, en particulier en Crimée et dans le Donbass. Des accords sur la gestion de ces régions sous forme de zones autonomes ou régionales administratives pourraient être mis en place.
  • Neutralité de l’Ukraine : Un élément crucial serait la dénucléarisation ou l’acceptation d’une neutralité permanente de l’Ukraine, en échange de garanties de sécurité provenant de l’UE et de la Russie. Cela inclurait des accords de non-agression et une absence de forces militaires étrangères sur le sol ukrainien.

5. Le rôle de l’UE et des autres acteurs régionaux

  • L’Union européenne pourrait jouer un rôle important en apportant son soutien à l’Ukraine pour sa reconstruction, tout en assurant une certaine stabilité géopolitique. Il est vital d’encourager une politique de « paix par l’intégration », où l’Ukraine, tout en perdant une partie de son territoire, pourrait bénéficier de partenariats économiques et d’une prospérité soutenue par l’UE.
  • Le soutien international à la Russie : Tout en ménageant la fierté de la Russie, il conviendrait d’impliquer des acteurs économiques tels que la Chine pour s’assurer que les ressources nécessaires à la reconstruction de l’Ukraine soient disponibles.

6. Définir un calendrier et des étapes claires de mise en œuvre

Le processus de mise en œuvre doit être clairement défini : un calendrier de cessation des hostilités, la mise en place d’une mission de maintien de la paix (possiblement sous la houlette des Nations Unies ou d’une coalition internationale), ainsi qu’un processus de réhabilitation des régions dévastées par le conflit.

Conclusion :

L’accord de paix envisagé doit respecter une réalité géopolitique indéniable, à savoir la domination de la Russie sur une partie significative du territoire ukrainien. Toutefois, il devrait aussi permettre de donner à l’Ukraine les moyens de se reconstruire tout en garantissant la stabilité et la sécurité des populations ukrainiennes restantes. La Russie, quant à elle, devra accepter de garantir la paix sur le long terme et de renoncer à toute nouvelle expansion, dans l’intérêt d’un rétablissement de la stabilité régionale.

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Commentaires récents

  • Bernar Ferrand
    3 avril 2025 - 13h27 · Répondre

    Une vision objective et réaliste de la situation qui devrait servir de base à un accord de paix.
    C’est la voix de la raison, espérons qu’elle puisse être entendue.

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Commentaires

  • Bernar Ferrand 3 avril 2025 à 13h27Une vision objective et réaliste de la situation qui devrait servir de base à un accord de paix. C'est la